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Fintech françaises : opportunités et enjeux

20 septembre 2019

La 4e édition de l’évènement « Fintech : Révolution » organisée par l’association France Fintech s’est déroulée une nouvelle fois dans le plus grand incubateur du monde : Station F. Le thème mis en avant cette année porte sur « l’excellence » des entrepreneurs et financiers français à promouvoir, au travers de leurs start-ups ou de leurs expériences du secteur, leurs points de vue, leurs idées sur les innovations et la technologie que ce soit en termes de sécurité sur les données, les biais positifs que peut endosser le secteur sur notre société et les clés nécessaires pour créer et pérenniser des « champions français » de la Fintech avec une ambition et une vision entrepreneuriale.

 

La transformation digitale crée un nouveau profil de consommation et de besoins.

L’innovation technologique transforme le modèle financier, bancaire, assurance et change l’approche des acteurs traditionnels à s’adapter aux besoins des clients et aussi de la nouvelle génération. Les français sont, de plus en plus connectés à leur smartphone (La France est dans les premiers pays d ‘Europe pour l’usage d’internet pour les services bancaires (source : Etude du cabinet spécialiste du digital américain e-marketer en 2017)), de plus en plus sensibles à la protection de leurs données (GRPD) et de leurs transactions financières. La transformation digitale crée un nouveau profil de consommation et de besoins. Grâce à l’innovation et à un cadre réglementaire adapté, les Fintechs améliorent le parcours client et sortent les utilisateurs de leur relation exclusive avec leur(s) banque(s).

 

L’écosystème Fintech : 2019, année décisive

Au fil des années, l’écosystème Fintech mondial s’est structuré autour des technologies de plateformes : crowdfunding, services de paiement… Une nouvelle vague technologique apparaît au travers de levées de fonds en cryptomonnaie, le Big Data, l’intelligence artificielle, contrats intelligents.

Une étude menée par KPMG : « pulse of Fintech » indique que les investissements cumulés par les Fintech au niveau mondial sont près de 112 milliards de dollars en 2018. Cependant, les 365 millions d’euros de levées de fonds dans les Fintechs françaises rappelés durant la conférence par Alain Clot, président de l’association France Fintech, représentent une poussière en comparaison des homologues Américains et Chinois.

chaine de financement des entreprises innovantes
(source: cairn)

 

En comparaison, les investissements français dans le secteur restent plus timides par rapport aux investissements européens. La fiscalité des start-ups n’est pas encore assez compétitive, les montants de levées de fonds sont bien trop faibles pour les start-ups en phase de « scale up », phase d’expansion nécessaire pour l’internationalisation. À chaque étape de la vie d’une start-up  correspond un besoin de financement. Plus de la moitié des start-ups meurt à cause d’un manque de financement dans les temps ou sont peu rentables notamment au niveau de la phase d’amorçage par manque de levées de fonds supérieures à 15 M€ (par rapport aux Royaume-Uni ou l’Allemagne). Les start-ups Revolut (252 millions d’euros) ou N26 (160 millions d’euros) ont levées à elles seules plus que toutes les start-ups françaises sur l’année 2018.

cinq étapes typique de développement startup
(source: cge.asso)

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette hégémonie. A mon sens, les nations leaders du secteur (Américains, Chinois) sont portées depuis des années par une fiscalité attractive et l’apport de liquidités de puissants Business Angels et de fonds capital risque mais également par leurs géants informatiques (GAFA aux USA) ou (BATX en Chine) qui sont de véritables accélérateurs de performances et de talents. La création de start-ups est encrée dans la mentalité de ces pays, et font partie intégrante d’une « culture business ». Fort de leurs rayonnements internationaux et de leurs expertises, ces acteurs viennent en France, en tant qu’investisseur ou créent des partenariats avec des incubateurs français.

Le pays est un vivier en termes de profils techniques de par les compétences scientifiques et informatiques. La perspective du Brexit est une opportunité pour la France de devenir un hub international de la Fintech en s’appuyant sur le dynamisme de ses métropoles comme Paris, Nice, Toulouse comme vitrine du secteur Fintech à l’étranger.

En pratique, la France dispose de compétences reconnues dans les data sciences avec le plus grand pole d’innovation en intelligence artificielle d’Europe, et du plus grand nombre d’incubateurs en Europe. Citons par exemple « L’école 42 », « Le Swave » situés à Paris. Des pôles de compétitivité comme France innovation labélisent les 500 start-ups du secteur ou d’autres partenaires d’investissement comme les fonds capital risque et BPI France apporte toutes son expertise qu’elle met à profit des jeunes pousses. Le pays a les moyens d’entreprendre le défi de la transformation numérique et de tenir le premier rôle de la scène internationale. Les fintechs Françaises sont foncièrement tournées vers l‘international, plus 52 % visent une implantation étrangère (source France Fintech).

 

L’écosysteme Fintech est le 3e secteur d’Île-de-France en termes d’emploi (Source : France Fintech, La Tribune). L’ensemble des start-ups basé en France a réuni 2,15 Md€, d’après le baromètre annuel Capital Finance (Source Fintech mag / Bpi France /Capital Finance). Malgré cela, la France peine à faire éclore des licornes (Kyriba, OVH, Blablacar, Doctolib) mais bénéficie de nombreuses start-ups en devenir. Dans le top 100 de KPMG, les start-ups prometteuses sont : October, +Simple.fr et Shift Technology. Dans la liste, on trouve aussi United Credit, Lydia, Ledger ou encore Alan.

Portée par un secteur financier dynamique qui représente 4 % du PIB français, les enjeux économiques sont importants et la France doit rattraper son retard face aux autres nations mondiales en accompagnant et encourageant l’éclosion de ces jeunes pousses afin de les porter au rang de futur licornes (start-ups valorisées à plus d’un plus milliard). Le chemin entreprit par la Communauté Fintech depuis plusieurs années renforcera indéniablement la position du pays en tant qu’accélérateur par ses innovations au sein de notre tissu économique. Une véritable vision au niveau national est en train d’émerger, poussée par les politiques comme la volonté de Monsieur Le Président Emmanuel Macron à faire de la France une  «start-up nation ».

 

Les  opportunités de développements pour les FinTechs Françaises.

En France, de nombreuses pépites émergent de cet écosystème mais pour créer une « start-up nation »  et à terme, créer de futures licornes Française, l’Europe doit pousser cette initiative et former demain les GAFA Européens. (Source : BPI France)

La France pose les bases nécessaires pour faciliter l’essor du secteur à l’échelle internationale : en étant facilitateur et régulateur de l’activité, en proposant des cadres juridiques souples comme les visas French Tech pour attirer les start-ups innovantes sur l’hexagone. Pour travailler sur d’autres axes d’améliorations, le business model choisi en termes de relation professionnelle est primordial. Avant, les Fintechs étaient orientées B2C, maintenant les canaux de distribution sont orientés vers le B2B2C ou B2B.

L’implication des universités doit également se renforcer au travers de collaboration avec les incubateurs. Par exemple, le partenariat des universités Paris Dauphine et Paris 1 la Sorbonne avec  l’incubateur Swave s’inscrit dans l’évolution de la collaboration entre établissements privé et public. Les moyens dont dispose la France en data sciences et informatique lui procurent un terreau non négligeable. Ce travail conjoint entre les régions, les universités et les incubateurs  doivent se poursuivre afin de pousser les générations futures à avoir une vision entrepreneuriale dans ce domaine.

En complément, une étude menée par Deloitte en 2017, démontre que 83% des français ne connaissent pas ce qu’est une Fintech mais qu’ils utilisent leurs services au travers de paiements par mobile, financement participatif (crowdfunding), gestion de l’épargne… Mais, si on reprend le thème de la conférence Fintech Révolution, la « recherche de l’excellence » doit passer indéniablement par un changement de mentalité et de pédagogie de l’Etat à accompagner les utilisateurs – au niveau de la formation et d’information pour éviter une fracture générationnelle. Cette vision entrepreneuriale se doit d’être partagée et d’être connue de tous pour favoriser une émulation autour de la transformation digitale.

L’approche de nouveaux métiers

L’approche du métier financier change les règles de la consommation de la donnée, et de la protection de nos informations personnelles. En travaillant la relation client, en proposant des services plus spécifiques (meilleure interface client, tchatbox), les acteurs financiers traditionnels ont compris que la transformation digitale passe par un travail commun avec les Fintechs et qu’ils doivent s’adapter et réagir.

De nouvelles visions entrepreneuriales émergent avec l’automatisation des procédures, la simplification des processus de connaissance « Blockchain KYC » par les Regtechs ( Regulatory technology) comme Chekk ou Shift Technology, start-ups françaises spécialisées dans la mise en conformité. Il est important que les technologies apportées par les Fintechs soient en règle avec les exigences réglementaires (RGPD notamment). Une niche est en train de se créer compte tenu des évolutions règlementaires à appliquer et à fournir aux régulateurs.

En termes de réglementation, le secteur évolue trop vite pour figer une pratique et une réglementation mal adaptée et pénalisera les acteurs selon la directrice de la division Fintech, innovation et compétitivité de l’AMF, Domitille Dessertine. Le régulateur doit avoir un regard plus important et le législateur doit pouvoir mieux accompagner le secteur et les acteurs. Mais une décision devra être prise à l’échelle Européenne.

Un cadre éthique pour la blockchain et l’IA

Dans tous les secteurs  (santé, éduction, transport, énergie …), l’IA apparaît comme un excellent levier économique, scientifique et sociétal. Selon l’étude d’un cabinet d’analyse Tractica, le marché de l’IA, devrait atteindre 11,1 milliards de dollars d’ici 2024 .Selon Accenture, L’IA devrait aussi augmenter la productivité française de 20% d’ici 2035, contribuant à une croissance de 2,9%. L’écosystème Fintech évolue vers une nouvelle vague de projets plus structurés notamment sur l’évolution des moyens de paiements, les levées de fonds alternatives comme l’ICO et le rôle des pouvoirs publics face à l’émergence de solutions innovantes à publier des bonnes pratiques.

 

La révolution technologique est en marche que ce soit en blockchain ou en IA et l’association des deux donne une perspective pour cette année et la France ne doit pas être en retard vis à vis des autres nations (comme le Canada, experte en IA ou encore Israël, experte dans la cyber-sécurité).

L’intelligence artificielle a un réel intérêt pour les entreprises. Ses impacts se déclineraient spécifiquement pour chaque secteur. Ainsi, dans la banque, l’IA est déjà̀ positionnée sur les data et le traitement du langage (tri des emails, chatbots, etc.).

 

Pour le moment, l’IA ne semble pas assez fiable pour déterminer les informations vraies ou fausses ou sorties de leur contexte. Cela dépend de la capacité humaine à faire le tri. Voilà tout l’enjeu du secteur à obtenir des « Big Data » pour entrainer ces processus de statistique à simuler des tâches automatiques. Un vrai travail doit pouvoir être fait avec la communauté de l’IA pour favoriser le partage de données.

 

D’un point de vue éthique, une bonne pratique doit être instaurée sur le contrôle des machines learning et les masses de données collectées par celles-ci. Ainsi, le législateur doit définir un cadre éthique comme le stipule le rapport du député et mathématicien Cédric Villani publié en mars 2018 sur le développement et la régulation de l’IA. Ce rapport stipule un « GIEC de l’IA ». Ainsi, la France et le Canada vont collaborer au lancement d’un groupe de réflexion autour de l’éthique et de l’IA.

 

Dans la recherche de cette « excellence » française, il sera important pour les années à venir que la France doit être en anticipation et non plus en réaction face à ces innovations. Ainsi, préparons et anticipons le futur et peut être la « 4e révolution industrielle » ?

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